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Modérateur : Teddy

par Raoul
#140
Le voyage du type « croisière » a été retenu en fonction de ses caractéristiques et de son itinéraire. Après un trajet en train le 23/11/2017 pour rejoindre Marseille (port de départ), le voyage continue par la traversée de la Méditerranée sur le Costa Favolosa jusqu’à Gibraltar puis, par celle de l’Océan Atlantique en direction de l’Amérique du Sud. Finalement, le bateau longe la côte est du Brésil de Récife au Nord jusqu’à Rio de Janeiro et Santos (région de Sao Paulo) plus au Sud où tout se termine le 15/12/17.

Le train : Proposé par la SNCF, le voyage Dijon-Marseille en TGV est relativement rapide et sans problème. L’achat de billets de 2ème classe permet d’effectuer le voyage en 1ère classe dans un wagon aménagé avec confort pour l’accès et l’installation de voyageurs atteints d’un handicap. Les personnels responsables s’avèrent efficaces et capables de régler les différents problèmes qui peuvent apparaître pendant le trajet.

Le bateau et la croisière : L’embarquement par la passerelle en pied du bateau donne une idée de la taille de celui-ci, une hauteur d’environ 60 mètres, 17 ponts (dont 12 pour les passagers), 290m de long et 40m de large. Un tel navire représentatif des flottes transatlantiques actuelles comprend 3800 passagers,1100 membres d’équipage et 1508 cabines ce qui peut entraîner parfois au niveau individuel une réaction d’appréhension devant la démesure des installations.
Le bateau, avec ses décorations (copies d’œuvres d’art et créations originales), ses activités sportives et intellectuelles, ses salles de spectacles, son casino, ses bars et ses restaurants illustre le confort et le luxe des flottes touristiques. Le navire possède également des équipements pour les enfants (ouverture vers une clientèle familiale). En plus, depuis quelques années, une évolution se dessine avec l’arrivée significative d’une clientèle âgée plus nombreuse marquée par des problèmes d’accès et de motricité. Ceci a amené progressivement l’accueil de personnes atteintes d’un handicap et entraîné l’aménagement de certaines cabines pour les accueillir.

La vie sur le bateau : Elle peut être comparée à celle d’un hôtel confortable qui se déplace avec ses clients et qui offre des centaines de mètres carrés de surface accessibles sans risque et reliées par des ascenseurs au niveau de chaque pont. Les traversées transatlantiques comportent plusieurs jours continus de navigation avec la possibilité de participer aux nombreuses activités offertes par le navire ou, au contraire, de se reposer pleinement pendant quelques jours. Les escales successives permettent d’avoir une idée des pays abordés par les excursions mais, parfois, certaines d’entre elles ne sont pas suffisantes pour apprendre à connaître réellement les régions visitées.

Excursions : A partir du moment où le bateau longe la côte est du Brésil, les excursions deviennent plus fréquentes. Les passagers du navire bénéficient de prestations au niveau local prenant théoriquement en compte les problèmes de motricité.et d’accessibilité. Ainsi, 5 à 10 bus spécialisés (marqués du « logo : fauteuil roulant ») attendent les touristes aux différentes étapes pour les prendre en charge avec leur matériel (bagages fauteuils…).

Les soutes de ces bus sont adaptées en hauteur pour accueillir les fauteuils non pliés. Aussi les sièges des voyageurs situés au-dessus sont-ils en position très élevée et obligent les passagers à utiliser des escaliers presque verticaux, à marches très hautes qui sont difficiles à monter donc très fatigantes. Un tel système théoriquement efficace s’avère en partie dissuasif compte tenu des difficultés inhérentes et celles-ci conduisent certaines personnes à le délaisser. Ainsi, le désir d’effectuer une excursion peut être remis en cause en raison de 4 à 5 sorties du bus prévues et susceptibles d’épuiser physiquement des personnes en condition de handicap.

Par ailleurs, le problème « excursion » amène à signaler le rôle de la compagnie qui prend en charge l’ensemble de la croisière. Souvent, elle achète directement l’excursion à une agence sur place. Le rôle de votre interlocuteur sur le bateau est de vous revendre cette prestation mais sans connaître nécessairement les conditions locales (fortes pentes, escaliers, accès en mauvais état...) ce qui explique souvent les difficultés non prévues pour les personnes à mobilité réduite sur le terrain.

L’avion et le retour : Pour éviter des difficultés de dernière minute, deux mois avant le départ, les problèmes potentiels (places des passagers et du fauteuil…) sont discutés et traités pour être en accord avec le bureau parisien de la compagnie aérienne portugaise. Ainsi, tout semble réglé et tout est prêt pour le voyage.

Pourtant, au retour, des problèmes apparaissent car les bureaux des aéroports de Sao Paulo et de Lisbonne ne sont pas avertis de la présence d’un fauteuil roulant, ce qui signifie pour nous attentes et discussions concernant les conditions des vols vers Lyon en raison de notre équipement particulier (conditionnement spécial de la batterie et du moteur électrique qui doivent être acheminés impérativement en soute).

A l’escale de Lisbonne, l’accès à l’avion directement par un escalier depuis le tarmac rend impossible l’utilisation normale du fauteuil roulant. Un petit camion avec sa partie arrière mobile assure la montée jusqu’à la montée dans l’avion. Mais, le fauteuil s’avère plus large que la porte d’où « un énorme problème » d’entrée dans la cabine ! Finalement, devant un parterre d’observateurs masculins plus ou moins sceptiques, ma femme s’offre un succès notable en montrant sa capacité à démonter partiellement le fauteuil pour permettre son passage. Et c’est ainsi que la batterie et le moteur ont voyagé en cabine ! L’arrivée à Lyon est marquée par l’attente des bagages enfermés dans la soute, personne ne retrouvant la clef ! Finalement, en fin de soirée, nous sommes revenus chez nous à Dijon en voiture.

En définitive, la notion classique de croisière évolue ; ainsi, son côté aventure luxueuse pour quelques-uns à destination de contrées lointaines s’atténue. Le parti pris d’élargir la clientèle en retenant les plus jeunes et les seniors a modifié les conditions de vie et certaines installations. Ainsi, les personnes en situation de handicap sont nettement plus nombreuses. Le séjour à bord du bateau ne pose aucun problème : cabines adaptées et confortables, déplacements dans tout le navire, dans les restaurants et les lieux de divertissement. Donc, en général, l’ambiance est très bonne.

Par contre, un problème demeure ; il est extérieur au bateau avec les excursions c’est-à-dire :
-un décalage fréquent entre ce qui est proposé au voyageur et la réalité technique de l’excursion elle-même,
-une mauvaise adaptation majorée de beaucoup d’imprécisions voire d’erreurs.
Ces remarques sont inspirées par les 3 semaines à bord du Costa Favolosa et par d’autres voyages vécus précédemment avec Costa.

Raoul Tinette – AFM-Téléthon-21 –Dijon - Bénévole.