Modérateur : Teddy

par harlock59
#318
Bonjour,

j'ai lu sur un article de recherche en psychiatrie que l'on avait découvert un gêne qui serait responsable des troubles de l'humeur, de dépressions, schizophrénies, ainsi que d'autres maladies psychiques. J'aurais aimé savoir si l'AFM et le Généthon s'occupe aussi de ce type de maladies ?
merci.
#319
Bonjour,
Nous avons fait des investigations pour pouvoir répondre au mieux à votre question qui reste cependant globale. Voilà les informations que nous pouvons partager.
Tout d’abord ce sont des maladies distinctes, même si des études récentes (E. Courtois, équipe UMR U955 – INSERM ; Institut Mondor de recherche biomédicale) suggèrent que la schizophrénie et les troubles bipolaires (humeur et dépressions) pourraient avoir au moins partiellement une base génétique commune.
L’importance du facteur génétique est attestée en terme de vulnérabilité génétique, e.g. des travaux ont démontrés que le jumeau monozygote (« vrai » jumeau) d’un patient souffrant de schizophrénie avait un risque allant jusqu’à 40 à 50% de développer lui aussi la maladie. Nous ne sommes toutefois pas à 100%.
D’autres facteurs entrent en ligne de compte. Le modèle commun à ces pathologies n’est pas du tout en faveur d’une étiologie ayant pour base un gène unique, ce sont des modèles complexes biopsychosociaux.
Les gènes qui influent sur le risque de développer une schizophrénie, ne le font probablement pas directement, mais indirectement, c’est-à-dire en rendant certains individus plus sensibles (d’où l’expression de vulnérabilité génétique) aux effets des facteurs de risque environnementaux.
Il est évidemment impossible de répondre pour l'ensemble des maladies mentales. Juste dire que les liens de causalité unique de type génétique sont rares dans ce domaine excepté dans le domaine du retard mental (ex. le cas de la phénylcétonurie qui est dépistés systématiquement en néonatal).
Pour ce qui est de l'implication de l'AFM-Téléthon dans ces recherches, le champ est vaste et aurait besoin de précision pour utiliser les bons mots clés pour chercher dans les projets financés. Cependant, nous pouvons évoquer par exemple des études sur la forme Dp71 de la dystrophine où il y a eu des financements ou à une étude neuropsy des Steinert qui a été menée à la Salpetrière.
Dans tous les cas, nous tentons inlassablement de faire des ponts entre des champs d'études pour pourraient éclairer celui des maladies neuromusculaires ou rares et au delà la santé dans sa globalité.
En espérant que cette réponse correspondra à votre attente.
Belles fêtes de fin d'année.
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